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Grèce

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Le pataquès bat son plein, l'élaboration du nouveau plan de sauvetage de la Grèce joue les prolongations. Au moins jusqu'à la prochaine réunion du 20 juin des ministres des finances européens, si ce n'est jusqu'au sommet européen des 23 et 24 juin. Au-delà, la zone euro entrerait dans l'inconnu.

L'affaire paraissait réglée du dire des Grecs, mais elle a rebondi avec l'annonce par le FMI qu'il ne débloquerait la 5ème tranche de 12 milliards d'euros de son prêt, attendue pour le 12 juillet à Athènes, qu'à la condition que les Européens finalisent leur nouveau plan de soutien financier, afin que son remboursement soit crédible.

Le G8 de Deauville venait vendredi à peine de se terminer que la Commission de Bruxelles signalait par voie de presse que « le temps presse » pour trouver une issue au rebondissement de la crise grecque, qui risque de tout entraîner avec elle. Les semaines qui viennent ne seront pas de trop pour tenter de dénouer le noeud de contradictions aggravées que cette affaire révèle.

La BCE et le FMI menacent le gouvernement grec de le mettre en faillite s'il ne fait pas ce qu'ils exigent : une privatisation massive des principales entreprises du pays, ce que refuse la majorité socialiste.
On évoque même l'hypothèse d'une administration supranationale !
La Grèce bientôt sous tutelle ?

Pour le gouvernement socialiste grec, le choix de vient de plus en plus cornélien : faut-il qu'il trahisse ses idées, et l'intérêt national, ou qu'il envisage la mise en faillite de son pays par les créanciers.

Devant le tir de barrage de la BCE qui se poursuit, ou bien parce qu'il en partagent ouvertement les objectifs pour leurs raisons propres, comme les Français, les dirigeants européens s'engouffrent vers la seule porte de sortie qu'il leur reste : la vente du patrimoine grec, afin de rembourser un trou financier que personne ne veut combler, chacun convaincu de ses bonnes raisons.

Un documentaire intitulé "Deptocracy" (gouverner par la dette) - Chréokratia (Chréos est le mot grec pour "dette") fait fureur en Grèce depuis la mise en coupe réglée du pays sous les fourches caudines du FMI. Voici une traduction de ce film qui explique les mécanismes de l'assujetissement d'un pays par ce que les économistes appellent la Dette Odieuse. Ce documentaire est en quelque sorte un "retour sur le futur" pour la plupart des pays endettés d'Europe, car la situation vécue par la Grèce est un scénario qui va se répéter dans tous les pays confrontés à l'impossibilité de rembourser une dette souveraine en croissance exponentielle.

C'est raté ! Une discrète réunion devait se tenir à Luxembourg à propos de la dette de la Grèce et des irresponsables de la presse ont tout foutu par terre en publiant l'information, « sapant l'effort de la Grèce » et alimentant la spéculation. C'est tout du moins ce qu'a fait savoir dans la nuit George Papaconstantinou, le ministre grec des finances.

Une belle brochette de hauts responsables avait pourtant tenté de s'y retrouver en catimini : Elena Salgado et Christine Lagarde, Wolfgan Schaüble et Giulio Tremonti, ainsi qu'Olli Rehn et les deux Jean-Claude pour fermer la marche (Juncker et Trichet).